Exposé des motifs : le texte par lequel les auteurs présentent et défendent leur proposition. C'est leur argumentation, reproduite telle quelle — pas une analyse indépendante.
L’accord avec la République de Moldavie dans le domaine de la sécurité
sociale a été conclu dans un contexte politique régional particulier étant
donné la guerre d’agression russe en Ukraine, dont les conséquences
affectent directement la sécurité de la Moldavie et ses perspectives
économiques. Le pays est par ailleurs confronté à une guerre
informationnelle de haute intensité conduite par la Russie et ses relais et
visant à discréditer la perspective d’intégration européenne de la Moldavie,
ainsi que de semer le doute sur la réalité du soutien apporté par les partenaires
de la Moldavie à cet objectif.
Les relations entre la France et la Moldavie en matière de sécurité
sociale ne sont jusqu’à présent régies par aucune convention bilatérale. Les
négociations relatives à conclusion de cet accord se sont déroulées en deux
temps. Lors du premier cycle, les deux délégations se sont réunies à Paris
le 12 novembre 2024. Le second cycle de négociations a eu lieu à Chisinau
du 20 au 22 janvier 2025. L’accord a été signé à Paris le 10 mars 2025.
L’accord comprend cinq parties et trente-cinq articles.
L’article 1er définit l'ensemble des termes et expressions, notamment le
territoire de chacune des Parties. Les territoires visés à l’article 1er,
paragraphe 1, point 2, de l’Accord désignent le territoire métropolitain de la
République française ainsi que les territoires ultramarins dans lesquels le
régime général de sécurité sociale s’applique : la Guadeloupe, Saint-Martin,
Saint-Barthélemy, la Martinique, La Réunion, la Guyane.
L’article 2 relatif au champ d'application matériel énumère les
différentes législations de sécurité sociale des deux Parties auxquelles les
dispositions de l’Accord sont applicables ainsi que les risques de sécurité
sociale concernés. Pour la France, sont concernées les pensions de vieillesse
et de survivants.
L’article 3 fixe le champ d'application personnel : sont ainsi visées
toutes les personnes, quelle que soit leur nationalité, soumises ou ayant été
soumises à la législation française ou moldave, les membres de leur famille
et leurs survivants.
L’article 4 précise que les personnes couvertes par l’Accord bénéficient
de l'égalité de traitement pour l'application de la législation de la Partie sur
le territoire de laquelle elles résident.
Les articles 5 et 6 prévoient les conditions dans lesquelles les prestations
sociales peuvent être exportées aux bénéficiaires dont la résidence est située
sur le territoire de l’autre Partie ou d’un Etat tiers.
L’article 7 pose la règle générale de l'affiliation des travailleurs salariés
et non-salariés au régime de sécurité sociale de la Partie sur le territoire de
laquelle ils exercent leur activité professionnelle.
L’article 8 prévoit cependant une dérogation au principe posé par
l’article 7 en autorisant les travailleurs salariés détachés par leur employeur
à rester assujettis au régime de sécurité sociale de la Partie d'envoi pour une
durée maximale de deux ans. Il est prévu une possibilité de détachement pour
les non-salariés, limitée à un an seulement, compte tenu du risque de
dumping social. Une prolongation de la durée initiale du détachement des
travailleurs non-salariés est possible pour une période maximale d’un an,
sous réserve de l’accord de l’institution compétente du territoire où l’activité
est exercée.
L’article 9 détermine les dispositions applicables au personnel roulant
ou navigant d’une entreprise de transport international, en posant le principe
d’une affiliation à la législation de la Partie du siège social de l’entreprise.
L’article 10 détermine les dispositions applicables à l’équipage des
navires, soumis à la législation de la Partie à laquelle le pavillon du navire
est rattaché.
L’article 11 détermine les dispositions applicables aux fonctionnaires et
membres des missions diplomatiques et consulaires. Les agents
diplomatiques ou consulaires ainsi que les fonctionnaires et personnel
assimilé demeurent soumis à la législation de la Partie qui les emploie. Le
personnel recruté localement par une mission diplomatique ou consulaire est
soumis à la législation de la Partie sur le territoire de laquelle il est employé.
L’article 12 ouvre la possibilité aux Parties de prévoir, d'un commun
accord, des exceptions aux règles d'affiliation définies aux articles 7 à 9.
L’article 13 fixe le principe de l’assimilation des faits.
L’article 14 détermine les règles de totalisation des périodes d’assurance
ou d’emploi accomplies sous la législation des Parties contractantes et dans
les Etats tiers lié aux Parties contractantes par un accord de sécurité sociale
prévoyant la totalisation des périodes d’assurance.
L’article 15 fixe les règles relatives au calcul des prestation.
L’article 16 précise l’effet d’une demande de prestation sur la
liquidation de la pension au regard des législations des deux Parties
contractantes.
L’article 17 précise le cas des périodes d’assurance inférieure à un an.
L’article 18 détermine les dispositions particulières relatives à la
pension d’invalidité causée par une maladie non professionnelle prévue par
la législation moldave.
L’article 19 détermine les dispositions particulières relatives aux
allocations familiales des travailleurs détachés de France, prévue par la
législation française.
Les articles 20 à 30, regroupés dans la partie IV de la convention, fixent
les dispositions diverses : les mesures administratives et de coopération, les
règles d’emploi des langues officielles, les modalités de paiement des
prestations, de protection de la confidentialité des données, de coopération
en matière de lutte contre la fraude, d’échanges de données statistiques,
d’exemption de frais, d’introduction d’une demande de prestation ou d’une
contestation, de récupération des données indues. La partie IV précise
également les procédures d’exécution et la possibilité de réaliser une réunion
de suivi à la demande d’une Partie contractante.
Les articles 31 à 35, regroupés dans la partie V de la convention, fixent
les dispositions transitoires, les règles de révision des droits des intéressés,
le délai de prescription, les modalités d’entrée en vigueur ainsi que les
conditions de modification et de dénonciation de l’accord par les Parties
contractantes.
Telles sont les principales observations qu’appelle l’accord entre le
Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la
République de Moldavie dans le domaine de la sécurité sociale.