Exposé des motifs : le texte par lequel les auteurs présentent et défendent leur proposition. C'est leur argumentation, reproduite telle quelle — pas une analyse indépendante.
MESDAMES, MESSIEURS,
La restauration collective publique – cantines scolaires, hôpitaux,
universités, armées, établissements médico-sociaux – constitue un levier
stratégique pour notre politique alimentaire. Chaque année, plusieurs
milliards d’euros de denrées sont achetés par les pouvoirs publics afin
d’assurer la restauration de millions de citoyens.
La loi dite Egalim de 2018, puis ses évolutions, a fixé des objectifs de
qualité nutritionnelle (50 % de produits dits durables dont 20 %
biologiques). Cette avancée a permis une meilleure reconnaissance des
signes de qualité. Toutefois, elle n’a pas garanti que la commande publique
bénéficie pleinement aux producteurs des territoires, ni qu’elle valorise les
circuits de proximité. En pratique, nombre de produits importés – bien que
conformes aux critères de qualité – sont privilégiés au détriment des filières
locales, alors même que la proximité géographique constitue un facteur
déterminant de durabilité.
Or, dans un contexte de volatilité mondiale, de crise des revenus
agricoles et de dépendance logistique accrue, il est essentiel de renforcer la
résilience alimentaire du pays. La restauration collective publique peut et
doit devenir un levier majeur de cette résilience, en soutenant des filières
agricoles territorialisées, de saison et traçables.
La présente proposition de loi portée par le groupe UDR entend
franchir une étape nouvelle et complémentaire à la loi Egalim. Elle poursuit
trois objectifs principaux :
1. Renforcer la souveraineté alimentaire au sens du Code rural
(article L. 1), en rapprochant la production de la consommation et en
consolidant la capacité du pays à subvenir à ses besoins essentiels.
2. Réduire l’empreinte carbone : la priorité donnée aux circuits de
proximité permet de limiter les transports, de favoriser les produits de
saison et de contribuer à la lutte contre le changement climatique.
3. Garantir une sécurité alimentaire renforcée : la proximité de
production, la contractualisation directe et la traçabilité accrue des produits
permettent de sécuriser les approvisionnements tout en assurant une
meilleure qualité nutritionnelle.
Cette loi n’entraîne aucune dépense supplémentaire pour l’État.
Elle réoriente simplement les budgets existants vers des achats plus
responsables et durables. Elle donne en outre plus de liberté et de souplesse
aux collectivités locales pour adapter leurs approvisionnements aux besoins
réels et aux productions de saison.
Enfin, cette loi s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’Union
européenne, qui reconnaît la nécessité de promouvoir des systèmes
alimentaires durables, résilients et à faible empreinte carbone. Elle se fonde
sur les principes de protection de l’environnement, de santé publique et de
sécurité alimentaire, tels que garantis par les articles 11, 168 et 191 du
Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
En fixant ce cadre clair, la Nation fait le choix de soutenir son
agriculture, de garantir une alimentation saine et durable dans ses services
publics, et de renforcer la souveraineté alimentaire tout en respectant les
principes du marché intérieur européen.