Exposé des motifs : le texte par lequel les auteurs présentent et défendent leur proposition. C'est leur argumentation, reproduite telle quelle — pas une analyse indépendante.
MESDAMES, MESSIEURS,
L’occupation sans droit ni titre constitue un phénomène croissant,
générant des préjudices importants pour les propriétaires, fragilisant la
confiance dans l’effectivité de la Justice, et exposant parfois les
collectivités à des coûts substantiels. Les opérateurs d’eau, d’énergie, de
téléphonie et d’accès à internet jouent, bien malgré eux, un rôle structurant
dans la capacité d’un occupant dépourvu de tout titre à s’installer
durablement dans un logement. En effet, la souscription de contrats
essentiels notamment d’électricité ou d’eau contribue souvent à faire
disparaître la frontière entre le possesseur légitime et l’occupant illicite, ce
qui complique l’intervention des autorités et prolonge les situations de
violation de propriété.
En l’état, le cadre juridique actuel se limite à une obligation déclarative
ou à une simple présentation d’un justificatif d’adresse sans contrôle réel de
la légitimité d’occupation. Il en résulte une sécurité juridique insuffisante,
tant pour les opérateurs que pour les propriétaires.
La présente proposition de loi vise à instaurer un mécanisme simple,
proportionné et juridiquement sécurisé. D’une part en interdisant à tout
opérateur (fournisseurs d’eau, d’électricité, de gaz, opérateurs
téléphoniques et fournisseurs d’accès internet) de contracter sans que le
demandeur ne justifie d’un droit valable d’occupation (bail, attestation du
propriétaire, titre de propriété ou décision judiciaire).
Et d’autre part à responsabiliser les opérateurs qui manqueraient à cette
obligation, en prévoyant qu’ils puissent être déclarés civilement
responsables et redevables du loyer ou de l’indemnité d’occupation due au
propriétaire lorsque leur manquement a contribué à la pérennisation d’une
occupation illicite.
Le dispositif proposé préserve les intérêts légitimes des personnes et le
respect des libertés, notamment en prévoyant une liste de titres légitimes
large et en maintenant un accès aux services essentiels pour les personnes
protégées (foyers, centres d’hébergement, logements sociaux, etc.).
Il offre un outil dissuasif équilibré et efficace pour lutter contre les
occupations illicites, sans restreindre outre mesure les droits des tiers et
sans faire peser sur les propriétaires des charges excessives