Exposé des motifs : le texte par lequel les auteurs présentent et défendent leur proposition. C'est leur argumentation, reproduite telle quelle — pas une analyse indépendante.
MESDAMES, MESSIEURS,
Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la
France a enregistré son solde naturel le plus faible. En effet, en 2025,
651 000 décès ont été enregistrés, soit une hausse de 1,5 % par rapport
à 2024, tandis que 645 000 naissances ont été recensées, en recul de 2,1 %.
La France enregistre désormais plus de cercueils que de berceaux.
Ces chiffres traduisent alors une transformation structurelle de notre
société et dès lors, la natalité apparaît comme un enjeu collectif. Elle forme
donc pour nous tous un pari qui doit être au cœur des débats actuels
puisqu’elle engage des choix individuels, mais également la responsabilité
publique.
Ce bilan démographique appelle une réponse publique adaptée sur la
nécessité de redonner confiance pour permettre le passage à l’acte du
premier enfant, tout en apportant des solutions concrètes.
Ainsi, face à ces constats, les pouvoirs publics ne pouvaient pas rester
sans réaction. En levant les freins matériels et en restaurant un cadre stable,
lisible et bienveillant, il devient possible de permettre à chacune et chacun
d’envisager un projet parental sans crainte et de faire de l’accueil d’un
enfant un choix à nouveau porteur de sens.
C’est dans ce contexte que j’ai présidé la mission d’information sur les
causes et les conséquences de la baisse de la natalité en France. Au fil de
ces travaux s’est imposé un constat fort : l’envie d’enfant demeure, mais,
les conditions pour accueillir un enfant sont de plus en plus
contraignantes.
Pourtant, même si plusieurs facteurs tendent à cette difficulté
d’accueillir un enfant, le logement et son accession demeurent l’un des
plus marquants. Par conséquent, le prêt à taux zéro constitue un
instrument indispensable pour notre société. La concrétisation de ce projet
se heurte donc à des contraintes économiques auxquelles le prêt à taux zéro
doit apporter des solutions.
En effet, l’accès au logement est inadapté au projet de construire une
famille. Le coût du logement, la taille des logements disponibles et la
difficulté à se projeter dans la durée constituent des freins majeurs à
l’accueil d’un enfant. Plus particulièrement, les coûts pour un logement
ont crû plus fortement que les revenus eux-mêmes, limitant ainsi
l’acquisition à la propriété. C’est donc ici que ce prêt à taux zéro doit
intervenir puisqu’il offre concrètement un levier macro-économique. Les
données de l’Institut national de la statistique et des études économiques
(INSEE) montrent le prix des logements a plus que doublé entre 2000
et 2021 alors même que les revenus des ménages eux n’ont pas augmenté
de manière significative. Par exemple, Bordeaux se distingue par
l’augmentation la plus forte avec un prix moyen passant de 1 082 euros
en 2002 à 4 581 euros par mètre carré en 2025. D’ailleurs, la hausse des
prix des logements est significative puisque les données de l’INSEE
estiment une hausse des prix multipliée par 2,4 pour des logements neufs
et 2,8 pour les logements anciens sur la période 1984-2020.
Dès lors, la dégradation du pouvoir d’achat immobilier des ménages
est encore là un résultat ayant un impact direct sur le désir d’enfant.
Cette baisse de la natalité est notamment le résultat de la difficulté à
l’accession à la propriété. Outre la disponibilité du logement qui apparaît
comme une condition préalable à la mise en place d’un projet enfant, les
contraintes économiques qui sont le résultat d’une hausse des prix des
loyers n’aboutissent qu’à un frein de l’accueil d’un enfant.
Aussi, la réduction des surfaces disponibles pour un revenu
constant pèse particulièrement sur les ménages. Ainsi, il était possible de
concrétiser un projet bébé dans un logement à 50m2 ce qui n’est plus
possible désormais lorsqu’avec des revenus similaires, le logement
disponible est réduit à 30m2. En effet, selon une étude Odoxa (publiée le
11 janvier 2026), un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de
son logement.
C’est d’ailleurs en ce sens que je souhaite mettre en place prêt à taux
zéro à destination des familles. Il a pour vocation de proposer une aide
concrète aux familles pour accueillir un enfant et s’inscrit dans une logique
d’investissement social puisqu’il permet là aussi de montrer aux Français
l’intérêt des politiques publiques dans ce domaine.
Ce prêt à taux zéro constitue un levier efficace permettant à un couple
de disposer d’un logement adapté pour accueillir un enfant. Chaque
parent pourrait obtenir un prêt à taux zéro pour acheter ou agrandir leur
résidence qu’elle soit ancienne ou neuve.
La présente proposition de la loi retient le scénario le plus ambitieux
que de réaffirmer un projet clair, celui de la réalisation du désir
d’enfant.
Ainsi, l’article 1er prévoit d’instituer un prêt à taux zéro à hauteur de
100 000 euros pour l’acquisition ou l’agrandissement du domicile familial
sans condition de revenus, accessible dès la déclaration de grossesse
jusqu’aux cinq ans de l’enfant.