Exposé des motifs : le texte par lequel les auteurs présentent et défendent leur proposition. C'est leur argumentation, reproduite telle quelle — pas une analyse indépendante.
MESDAMES, MESSIEURS,
Lorsque l’on parle sport, développement du sport et financement du
sport en France, on omet bien trop souvent que les collectivités locales,
notamment le bloc communal, en sont de loin le premier financeur. Selon
l’Observatoire du sport en France de la BPCE, les collectivités financent le
sport à hauteur de 12 milliards d’euros par an, loin devant le ministère des
sports et ses 500 millions d’euros de budget.
Ces 12 milliards se retrouvent dans le financement direct des
associations sportives au travers des subventions, dans l’investissement
dans des équipements sportifs, du city stade au Palais des Sports en passant
par la piscine ou la patinoire à destination du grand public, des clubs mais
aussi des scolaires, ainsi que dans l’entretien et le fonctionnement de ces
équipements. Cette dernière part constitue un montant non négligeable,
pouvant par exemple atteindre plus de 4 000 euros par jour pour une
piscine.
Pour accompagner et prolonger l’élan des Jeux Olympiques (JO) de
Paris 2024 le plan 5 000 équipements sportifs a été lancé afin de soutenir
les collectivités. Si nous ne pouvons que louer l’initiative, il faut tout de
même constater que cette politique distributive, qui confine parfois au
saupoudrage, n’a pas permis de répondre à un certain nombre de besoins en
matière d’accès aux clubs à de nouveaux créneaux ou d’accès aux scolaires
à de nouveaux sports en raison d’un manque d’équipement sportif. Cela
explique en partie l’évolution relative du nombre d’adhérent dans certains
clubs à l’issue des JO.
À l’heure où l’ensemble des administrations publiques doivent se
montrer prudentes en matière de dépenses, il nous incombe de trouver de
nouvelles manières de financer des équipements indispensables à la
diffusion du sport. L’un de ces moyens repose sur le principe du partenariat
public-privé qui est aujourd’hui confiné à des possibilités soit restreintes
comme la subvention d’investissement aux seuls sociétés sportives,
c’est-à-dire les sociétés des clubs sportifs, ou coûteuses pour les finances
des collectivités comme l’achat d’espaces ou de créneaux qui se retrouvent
in fine dans leur budget de fonctionnement.
Cette proposition de loi a donc pour objectif d’ouvrir la voie à un
nouveau dispositif qui permettra aux collectivités d’accompagner un
investissement privé par le biais d’une subvention d’investissement. La
contrepartie de cette subvention sera l’obtention de créneaux ou d’espaces
au sein du nouvel équipement.
L’article 1er de cette proposition de loi inscrit donc cette possibilité en
y apposant certaines conditions, notamment la durée de mise à disposition
des créneaux, qui doit être au moins équivalente à la durée d’amortissement
de l’équipement, la proportionnalité entre le montant de la subvention et les
créneaux alloués ou encore la nécessité de fixer ces éléments dans une
convention entre l’entreprise réalisant l’équipement et la collectivité.