Exposé des motifs : le texte par lequel les auteurs présentent et défendent leur proposition. C'est leur argumentation, reproduite telle quelle — pas une analyse indépendante.
MESDAMES, MESSIEURS,
La lutte contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales
nécessite une adaptation de notre système judiciaire. Celui-ci souffre en
effet d’une acculturation insuffisante à la spécificité des enjeux soulevés
par ce type de violences.
Cette incapacité du système judiciaire à prendre en compte la
singularité des violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales est
notamment liée à l’absence de juges spécialisés, ainsi qu’à l’absence de
formation obligatoire des magistrats en la matière.
En parallèle de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au
phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les
enfants, dont l’article 5 instaure des juridictions spécialisées, la présente
proposition de loi organique vise par conséquent à renforcer l’adéquation
du traitement judiciaire des violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales.
L’article 1er prévoit une obligation de formation spécifique pour le
juge des violences sexuelles et intrafamiliales, le procureur de la
République des violences sexuelles et intrafamiliales, le procureur général
des violences sexuelles et intrafamiliales, ainsi que pour l’ensemble des
magistrats qui ont vocation à composer les juridictions spécialisées
susmentionnées.
L’article 2 consacre au sein de l’ordonnance du 22 décembre 1958
portant loi organique relative au statut de la magistrature le juge des
violences sexuelles et intrafamiliales en tant que juge spécialisé.
L’article 3 gage le coût pour l’État de la présente proposition de loi
organique.